Il y a 108 ans, le 19 décembre 1917, Jean Turco vit le jour dans la commune de Villejuif. Un héros comme vous en verrez rarement. Voici son histoire :
En juin 1938, Jean termine ses études d’ingénieur. Quelques mois plus tard, le 3 novembre, il est incorporé au 3e Régiment de Hussards à Wissembourg, une petite ville frontalière nichée sur la Lauter. Il rejoint la « Caserne des Turcos », un nom cocasse pour lui, mais chargé d'histoire en souvenir des tirailleurs de 1870.
Son régiment est une unité de reconnaissance motorisée, mêlant side-cars et camions Renault Latil armés de mitrailleuses Hotchkiss. Mais sa véritable force réside dans ses deux canons antichars de 25 mm, les seules armes vraiment modernes dont il dispose.
Lorsque la guerre éclate, son unité devient le 46e GRDI. Jusqu’en mai 1940, il enchaîne les patrouilles en territoire ennemi, avant de participer à la retraite progressive de l’armée française.
Le 19 juin 1940 marque un tournant. Il reçoit l’ordre, avec ses camarades, de stopper une division blindée allemande à Épinal. À ce moment-là, il ignore tout de l’Appel du 18 juin ou de la demande d’armistice. Sa seule priorité est de tenir la Moselle.
Responsable de l'entretien des véhicules, son rôle sous le feu est crucial : il doit ravitailler les tireurs en munitions. C’est au cours d'une de ces missions, au guidon de son side-car, qu'il est frappé par un éclat de shrapnel sous le bras droit. Malgré la blessure, il refuse d'abandonner et remplit son devoir jusqu'au bout.
Grâce à la précision de leurs petits canons de 25 mm, lui et ses frères d'armes parviennent à bloquer les chars allemands durant toute la journée. Mais les renforts promis n'arriveront jamais. Le soir venu, face à la puissance écrasante de l'ennemi, il doit se replier vers le Haut-Jacques, emportant avec lui le souvenir d'une résistance héroïque.
Avec le sentiment d'avoir été trahi, vendu par ses chefs, Jean et ses camarades sont faits prisonniers et envoyés en Allemagne. Cette captivité, qui est supposée être éphémère, s'avérera longue, très longue même, car elle durera près de 5 ans. Ce n'est qu'en 1945 que Jean sera libéré par les troupes de la 1re armée (Armée B) commandées par Jean de Lattre de Tassigny.
Malgré les risques, Jean essaiera et réussira à s'évader à plusieurs reprises avant d'être rattrapé par l'ennemi.
Après la guerre, il fut le prédécesseur et le successeur de Hubert Germain en tant que député à l'Assemblée nationale.
Jean sera alors le « créateur » de la loi sur le contrôle technique. Car s'il était ingénieur, son père, lui, concessionnaire Renault ! La sécurité routière, et notamment celle des organes vitaux des véhicules, fut alors pour lui une évidence et une nécessité.
En 2024, Jean s'illustra à nouveau au cours des JO de Paris ! En effet, il fut également porteur de la flamme olympique !
Jean, merci pour tout. Vous êtes un véritable exemple pour notre génération. Joyeux 108e anniversaire !


Léo RIVIERE